Les comptes de la fertilité

Les mathématiques aident la fertilité. C’est la conclusion d’un groupe de chercheurs de l’unité de procréation médicalement assistée de l’Hôpital universitaire et polytechnique La Fe et de l’Université polytechnique de Valence (UPV) en Espagne. Les scientifiques ont développé un modèle mathématique qui permettrait de sélectionner les meilleurs embryons pour réussir un traitement de fertilité ; c’est à dire, ceux qui présentent une plus grande probabilité d’implantation dans l’utérus de la mère.

Le travail de recherche, publié dans la revue Mathematical and Computer Modelling, semble particulièrement utile pour les transferts d’embryons de qualité intermédiaire puisqu’il permet de connaître la probabilité estimée de réussite de l’implantation dans l’utérus.

Le modèle évalue la qualité des embryons grâce à l’analyse de deux variables morphologiques : le nombre de cellules et le grade de symétrie et de fragmentation des cellules de l’embryon. Les meilleurs embryons sont ceux comportant quatre cellules de grade 1 (c’est à dire des cellules symétriques avec une fragmentation inférieure à dix pour cent). Ce sont ceux qui ont le plus de chance de donner lieu à une grossesse. Lors des traitements de fertilité, on n’obtient pas toujours des embryons présentant ces caractéristiques ; le modèle aiderait donc les embryologues à sélectionner ceux qui ne réunissent pas ces critères mais qui peuvent aussi aboutir à une grossesse.

D’après les chercheurs, même s’il existe d’autres outils d’aide à la sélection embryonnaire préalable au transfert, leur capacité de prédiction n’est pas si fiable. « Notre modèle réalise une analyse statistique rapide, performante et précise qui améliore la prévision par rapport à d’autres méthodes ».

Le modèle évalue la notation obtenue par l’Embryo Quality Index (EQI), un indice de qualité embryonnaire. Cet indice est le résultat de l’addition des notations obtenues par les embryons transférés à la femme en fonction de son âge. Les embryologues observent tous les embryons au microscope inversé et font une estimation du nombre de cellules et du grade de l’embryon. Une fois étudiés, ils sélectionnent pour le transfert les embryons présentant un meilleur taux d’implantation. Ensuite, ils obtiennent l’EQI de tous les embryons transférés, et avec cet indice et l’âge de la femme, ils pourraient prédire la probabilité de grossesse à partir des modèles obtenus dans cette étude.

L’étude démontre aussi que l’augmentation de l’âge de la femme diminue de façon significative la probabilité de grossesse, mais que son effet n’est pas linéaire comme d’autres études le supposent. Cette découverte a été réalisée par des professionnels de l’Hôpital La fe – Institut de recherche pour la santé La Fe (IIS La Fe) Inmaculada Molina, des spécialistes de l’unité de procréation médicalement assistée et Antonio Pellicer, directeur de l’Espace clinique de la femme de l’Hôpital La Fe. A l’UPV, c’est Ana Debón, du centre de gestion de la qualité et du changement, et Suitberto Cabrera, du groupe des phénomènes ondulatoires.

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