Enfants nés d’AMP: Doivent-ils le savoir ?

Bébé éprouvette
Bébé éprouvette

Les techniques d’AMP (Assistance Médicale à la Procréation) sont aujourd’hui de plus en plus courantes en France et tendent même à se banaliser. Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence de la Biomédecine, 23 000 bébés naissent chaque année grâce aux techniques telles que l’insémination artificielle ou la FIV (Fécondation In Vitro), soit 2,3% du total de naissance. L’apparition de ces « bébés éprouvettes » pose alors le problème de l’information sur le mode de conception. Les parents doivent-ils révéler à leurs enfants comment ont-ils été conçus ? Comment et quand ?

 FAUT-IL LE DIRE ?

Les études montrent qu’il n’y a pas de schéma types quant à la révélation ou non de la conception de l’enfant. Certains parents vont préférer ne rien dire et  accentuer leur amour sur l’enfant tant désiré. D’autres, n’auront aucun problème à le dire à leur enfant et cela se fera naturellement.

 Chez les spécialistes, les opinions divergent aussi entre les partisans de l’anonymat et ceux prônant le droit aux origines géniques. Cependant, beaucoup de psychologues conseillent de ne pas entretenir de secret autour de l’enfant. Sa conception fait en effet partie de son histoire et personne ne peut le priver de la vérité. Lorsqu’il se posera des questions sur sa naissance, sa famille et « comment fait-on les bébés », les parents doivent apporter des réponses claires, sans lui mentir.

 Françoise Dolto, du point de vue de la psychanalyse, pense que l’enfant connaît déjà son origine inconsciemment et que les parents doivent simplement leur apprendre consciemment. Elle prend l’exemple d’une jeune femme qui faisait des fausses-couches à répétition et suivait en fait le schéma de sa mère adoptive, laquelle ne lui avait rien dit sur ses origines. La vérité inconsciemment intégrée peut donc se manifester chez l’enfant ou l’adulte sous forme de symptômes plus ou moins graves.

COMMENT ET QUAND LEUR DIRE ?

Une étude de l’Université de Cambridge a permis de révéler que l’âge de l’enfant jouait un rôle primordial sur sa réaction. En effet, un enfant en bas âge ne présenterait quasiment pas de réactions post-traumatiques contrairement à une révélation à l’âge adulte. Au-delà de l’AMP, il s’agit des mêmes réactions que pour des enfants adoptés. Chez les adolescents et adultes, la nouvelle se traduirait par un sentiment de trahison alors que les enfants en bas âge n’auraient ressenti que de la curiosité et même de l’intérêt pour la manière dont il a été conçu.

 Mais alors comment leur dire? Hélas, il n’y a pas de remède miracle. Plus les parents seront à l’aise et assumerons la situation, plus le message passera bien. Si le sujet de l’AMP est un tabou dans la famille, les parents auront plus de mal à répondre et il est recommandé dans ce cas-là d’avoir recours à une aide professionnelle.

 Si vous décidez d’annonce à votre enfant que vous avez eu recours à l’AMP pour sa conception, il est cependant conseillé de ne pas donner trop de détails à ce sujet, et lui expliquer simplement avec un vocabulaire adapté à son âge. Il est par exemple nécessaire de lui expliquer la notion de stérilité : l’enfant doit comprendre que la méthode naturelle ne fonctionne pas toujours et que les médecins peuvent aider à déposer la petite graine au bon endroit. Présentez l’AMP comme un moyen de rendre des milliers de couples heureux !

 L’enjeu est bien sûr plus complexe s’il s’agit d’une conception avec don de gamètes. La vérité est là très importante car l’enfant portera une partie du patrimoine génétique du donneur ou de la donneuse. Tout enfant a besoin d’avoir accès à ses origines pour pouvoir se construire, et cela même si le don est anonyme. C’est pourquoi il vaut mieux préparer l’enfant très tôt sur ce sujet et éviter ainsi qu’il l’apprenne trop brutalement (au cours d’une dispute familiale par exemple). Certains psychologues conseillent même d’en parler au bébé dès la naissance pour le préparer progressivement.

VOUS CRAIGNEZ LEUR RÉACTION ?

 Rassurez-vous, tous les enfants nés de l’AMP ne sont pas traumatisés par leurs origines. Avoir été tant désiré par ses parents au point de supporter le dur parcours d’une FIV est même plutôt réconfortant!

 C’est en effet sur ce point qu’il faudra insister sans toutefois en faire trop !  Un enfant trop désiré pourra se demander s’il est vraiment à la hauteur des espérances de ses parents et ressentira une pression constante. Il faudra alors faire comprendre à l’enfant que vous l’aimez tel qu’il est et que son évolution personnelle vous  émerveille.

 Si l’enfant réagit mal, il faudra alors l’aider à dépasser le problème. Nous pouvons lui faire comprendre que les racines et l’histoire familiale sont une force mais que ce qui est important c’est le partage présent et futur de son identité, bien plus qu’un passé sur lequel il n’a pas d’emprise.

 Si l’enfant ressent un trop grand malaise, il faudra alors aborder le problème avec l’aide d’un psychologue qui l’accompagnera vers l’acceptation de ses origines.

LA FIV PAR LES LIVRES

 De nombreux livres vous donnent des pistes sur comment explique la FIV aux enfants :

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